Trente microns d’un côté, quinze de l’autre.
C’est à peu près tout ce qu’un vendeur a besoin de dire pour clore la discussion, et c’est sur ce chiffre que se décide la majorité des achats. Le problème est qu’il ne décide de rien. Choisir entre un filtre à cartouche ou à sable sur la finesse annoncée, c’est comparer deux voitures sur leur vitesse de pointe : l’information est exacte, elle n’est simplement pas celle qui vous concerne.
Le nombre qui commande est ailleurs, et il ne figure sur aucune étiquette : c’est le débit que votre bassin impose. Tout le reste en découle — la taille de la cuve, la famille de média possible, le nombre de fois où vous mettrez les mains dedans cet été.
Le débit, ce qui décide avant la finesse du média
Un filtre ne se choisit pas comme un accessoire, il se choisit comme un organe de circuit. Sa seule fonction est de laisser passer une certaine quantité d’eau par heure en retenant ce qu’elle transporte, et cette quantité n’est pas négociable : elle est fixée par le volume du bassin et par le temps qu’on accepte de mettre à le recycler entièrement.
La convention reprise par les notices d’installation est de recycler le volume en quatre heures. Elle n’a rien d’une obligation — aucun texte n’impose de durée de recyclage à un bassin privé familial, contrairement aux piscines à usage collectif dont les paramètres relèvent du code de la santé publique. C’est un repère de dimensionnement, et il vaut surtout parce que tout le matériel du marché a été conçu autour.
Un bassin de 50 m³ recyclé en quatre heures réclame donc 12,5 m³/h. Ce nombre est le premier à écrire sur le papier, avant toute visite en magasin. Il détermine la pompe, il détermine le diamètre de la tuyauterie, et il détermine la surface de média qu’il faut offrir à l’eau pour qu’elle ait le temps d’y laisser ses particules.
C’est ce dernier point qui tranche entre les deux familles, et il n’a rien d’idéologique. Un lit de sable retient dans son épaisseur : plusieurs dizaines de centimètres de grains, une grande capacité d’encaissement, une finesse limitée. Une cartouche retient sur la surface d’un média plissé : beaucoup de mètres carrés dans une cuve compacte, une finesse meilleure, et une saturation qui arrive plus vite parce qu’il n’y a pas d’épaisseur pour stocker.
Schéma interactif
Les deux cuves en coupe : par où l'eau passe, et par où elle finit par passer
Cliquez un organe pour savoir ce qu'il fait, puis basculez l'état du média : le trajet de l'eau se redessine.
← Glissez pour voir tout le schéma →
Le trajet rouge est celui qui ne filtre plus
Dans la cuve à média, le sable aggloméré par les graisses et le calcaire laisse un chemin préférentiel : l'eau traverse le filtre sans le traverser. Dans la cuve à cartouche, des plis colmatés ou un joint fatigué font passer l'eau à côté du média. Dans les deux cas, l'eau ressort, la pompe tourne, et rien n'est retenu.
Cinq organes, deux philosophies
La cuve de gauche retient dans l'épaisseur d'un lit ; celle de droite retient sur la surface d'un média plissé. Tout ce qui les sépare — la finesse, le contre-lavage, l'eau perdue, la fréquence de la corvée — découle de cette différence. Cliquez un point du dessin pour le détail.
La vanne 6 voies : ce que la cartouche n'a pas
C'est elle qui permet d'inverser le sens de l'eau et de décoller le lit de média — le contre-lavage. Elle coûte une pièce de plus, une fuite possible de plus, et surtout l'évacuation qu'il faut avoir prévue. Un filtre à cartouche n'a rien de tout cela : pas de vanne, pas d'égout, mais pas de rattrapage possible non plus quand le média sature.
Le lit de média : la rétention se fait dans l'épaisseur
L'eau descend à travers plusieurs dizaines de centimètres de grains, et les particules se logent entre eux. C'est ce qui donne une grande capacité d'encaissement, et une finesse limitée : de l'ordre de 30 à 40 µm pour un sable siliceux. Le verre filtrant se substitue au sable dans la même cuve, retient plus fin et s'agglomère moins : c'est la seule amélioration qui ne demande de changer ni le filtre ni la vanne.
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Les crépines : la pièce qui trahit une cuve
Elles laissent passer l'eau filtrée en retenant le média. Fendues, elles envoient du sable dans le bassin par les refoulements — un dépôt fin, granuleux, qui revient après chaque contre-lavage. C'est le seul diagnostic de cette page qui se pose à l'œil nu, et il impose de vider la cuve pour y accéder.
Le manomètre : l'arbitre du contre-lavage
C'est lui qui déclenche le contre-lavage, pas le calendrier : on lave quand la pression est montée au-dessus de la valeur relevée sur média propre. Sa limite est celle du schéma en état « fin de vie » : un chemin préférentiel fait redescendre la pression alors que la filtration est perdue. Un manomètre bloqué, lui, fait laver au hasard — donc trop souvent, et les 300 à 500 litres de chaque contre-lavage partent pour rien.
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Les plis : toute la surface tient dans l'accordéon
Le pliage est ce qui permet à une cuve compacte d'offrir plusieurs mètres carrés de média, et d'atteindre une finesse de l'ordre de 10 à 20 µm sans une goutte perdue. C'est aussi ce qui rend le rinçage exigeant : les particules se logent au fond des plis, et un jet passé en surface ne les déloge pas. Le floculant, lui, y est interdit — il colmate de façon irrécupérable.
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Passez l’état du média sur « fin de vie » dans le schéma : c’est là que les deux coupes racontent la même histoire. Un sable aggloméré laisse un chemin préférentiel, une cartouche colmatée fait passer l’eau au bord du média. Dans les deux cas, la pompe tourne, l’eau ressort, et plus rien n’est retenu.
Calculer le débit de votre bassin en dix minutes
Trois mesures suffisent, et aucune ne demande d’outil particulier.
La longueur et la largeur au niveau de la ligne d’eau, puis la profondeur moyenne — la demi-somme du petit bain et du grand bain sur un fond incliné. Le produit des trois donne le volume en mètres cubes : un 8 × 4 dont la profondeur passe de 1,10 m à 1,90 m fait 8 × 4 × 1,50, soit 48 m³. Un bassin rond se calcule avec le rayon au carré multiplié par 3,14 et par la profondeur.
Divisez ensuite par la durée de recyclage visée. L’abaque ci-dessous fait la division, mais il fait surtout autre chose : il montre que le débit n’est pas une donnée de votre bassin, c’est le rapport de deux choix. Allonger la durée de recyclage à six heures fait tomber le débit d’un tiers, donc la taille du filtre, donc le prix — au prix d’une eau qui tourne moins vite.
Abaque de débit — le nombre qui décide
Quel débit votre bassin impose-t-il ?
Longueur × largeur × profondeur moyenne, en mètres. Un 8 × 4 de 1,50 m moyen fait 48 m³.
Quatre heures est la convention reprise par les notices d'installation. Aucune norme ne l'impose à un bassin privé familial : c'est un choix, et l'abaque montre ce qu'il coûte.
← Glissez pour voir tout l'abaque →
L'abaque ne fait qu'une division : le volume divisé par la durée visée. Les deux bascules entre familles sont des repères de lecture, pas des seuils réglementaires — aucune norme ne s'applique à un bassin privé familial. Le débit réellement obtenu dépend ensuite de la tuyauterie et de l'encrassement du filtre : il est toujours inférieur au débit affiché sur la pompe.
Deux précautions de lecture. La première : le débit lu est celui qu’il faut faire passer, pas celui qu’affiche la fiche de la pompe. Entre les deux, il y a les pertes de charge de la tuyauterie, des coudes et du filtre lui-même, qui se creusent à mesure que le média se charge. La seconde : un filtre trop petit ne se rattrape pas. L’eau le traverse trop vite, les particules n’ont pas le temps d’être captées, et aucun média n’y changera rien. Prendre la cuve du dessus coûte peu et n’a aucun inconvénient de fonctionnement — c’est le seul endroit de cette page où la marge se paie une fois pour toutes.
Si le débit s’effondre alors que le filtre est propre, le problème n’est pas là : il est en amont, du côté des entrées d’air et du préfiltre. Le raisonnement complet est dans l’article consacré à une pompe de piscine qui désamorce, à lire avant de conclure que le filtre est en cause.
Filtre à cartouche ou à sable : ce que le débit autorise, palier par palier
Trois paliers, et ils recouvrent à peu près tout le parc des bassins familiaux français.
Sous 8 m³/h — une trentaine de mètres cubes recyclés en quatre heures. C’est le domaine du hors-sol et du petit bassin enterré, et la cartouche y est sans rivale. Une seule cartouche suffit à passer le volume, le rinçage revient tous les quinze jours, l’investissement de départ est modeste et rien ne part à l’égout. Dans une commune régulièrement placée sous arrêté de restriction, ce dernier point cesse d’être un détail de confort.
Entre 8 et 18 m³/h — la zone où vivent la plupart des bassins familiaux de 35 à 70 m³. Les deux familles passent le volume, et c’est précisément pour cela que le débat s’enlise : le débit ne tranche plus. Ce qui tranche, à ce stade, est le rythme d’entretien que vous accepterez de tenir en juillet, et l’existence ou non d’une évacuation correcte pour le contre-lavage.
Au-delà de 18 m³/h — grands bassins, bassins à débordement, bassins très fréquentés. La surface de média plissé nécessaire ne tient plus dans une cuve unique : il faudrait plusieurs cartouches en parallèle, ou un rinçage hebdomadaire de mai à septembre. La cuve de média redevient le choix praticable, avec sa vanne, son évacuation et ses 300 à 500 litres par lavage.
Idéal pour : Gagner en finesse et espacer les contre-lavages sans changer de filtre
Verre filtrant recyclé pour filtre à sable
- Retient plus fin que le sable siliceux, dans la même cuve et sans aucune modification
- Ne s'agglomère pas comme le sable : moins de chemins préférentiels, durée de vie plus longue
- Se colmate moins vite, donc espace les contre-lavages et l'eau perdue
- Environ un cinquième de masse en moins pour remplir le même volume de cuve
Le défaut : Le prix au kilo est deux à trois fois celui du sable, et il faut compter plusieurs sacs pour une cuve de bassin familial. L'écart ne se rattrape que sur la durée de vie du média : sur un bassin qu'on prévoit de refaire dans deux ans, c'est de l'argent posé au mauvais endroit.
Budget indicatif
Quelques dizaines d'euros le sac de 20 à 25 kg, à titre indicatif
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Une nuance qui compte pour les hors-sol : beaucoup sont vendus avec un groupe de filtration intégré dont le débit est déjà fixé. Le calcul ci-dessus sert alors à vérifier que ce groupe est à la hauteur du volume, et il arrive régulièrement qu’il ne le soit pas. C’est la même vérification que celle décrite dans le guide de la filtration de piscine, qui détaille organe par organe le circuit dans lequel le filtre s’insère.
L’argument de finesse ne sert à rien tout seul
Reprenons le chiffre du début, et regardons ce qu’il dit exactement.
Les fourchettes couramment annoncées vont de 30 à 40 µm pour un sable siliceux, 10 à 20 µm pour un média plissé, 3 à 5 µm pour les diatomées. Ces valeurs sont réelles et l’écart n’est pas un argument marketing. Mais elles décrivent un média propre, à l’instant où il sort de son emballage, et elles ne disent rien de l’état dans lequel il se trouvera au mois d’août.
C’est là que l’argument se retourne. Un lit de sable dont les grains se sont agglomérés avec les graisses et le calcaire perd sa finesse théorique bien avant sa cinquième saison, parce que l’eau finit par se frayer un chemin préférentiel. Une cartouche rincée en surface conserve, elle, ses plis chargés en profondeur : sa finesse annoncée n’existe plus, alors que la pièce a encore l’air neuve. Un sable bien entretenu bat une cartouche négligée, et l’inverse est tout aussi vrai.
Il faut ajouter une contrainte que la finesse seule masque complètement : le floculant. Il agglomère les particules fines en flocs assez lourds pour être retenus par un lit de sable, et il est strictement interdit sur un média plissé, qu’il colmate de façon irrécupérable. Celui qui filtre le plus fin est donc aussi celui qui n’a aucun outil de rattrapage quand l’eau se voile. Le produit de remplacement est le clarifiant, plus lent et moins puissant, et toute cette mécanique est détaillée dans l’article sur une eau trouble malgré le chlore.
Enfin, la finesse ne protège de rien si la cuve est traversée trop vite. Un filtre sous-dimensionné laisse filer le fin quel que soit son média : la surface de contact et le temps de séjour comptent autant que la taille des pores. C’est pour cette raison que le débat s’ouvre sur le débit et pas sur les microns.
Idéal pour : Remplacer une cartouche fatiguée avant qu'elle ne laisse passer
Cartouche de filtration de rechange
- Aucune eau perdue : pas de contre-lavage, pas d'évacuation à prévoir
- Filtration plus fine qu'un sable siliceux classique dès la mise en service
- Remplacement en cinq minutes, sans outil et sans vidanger la cuve
Le défaut : Elle se remplace toutes les une à deux saisons, et la perte de rétention arrive bien avant que la pièce ait l'air sale : rien ne prévient. Sur dix ans, le consommable finit plus cher que le sable qu'il était censé éviter.
Budget indicatif
Une vingtaine à une soixantaine d'euros l'unité selon le modèle — indicatif
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L’eau du contre-lavage, la ligne que le débat oublie
Trois à cinq cents litres. C’est ce qu’un contre-lavage de filtre familial envoie à l’égout, à chaque fois, et c’est le poste que les comparatifs traitent en une ligne de tableau.
Sur une saison de vingt-six semaines, à raison d’un lavage toutes les trois semaines, cela fait huit cycles et plusieurs milliers de litres. Le volume pèse sur la facture, mais le plus contraignant est qu’il faut pouvoir l’évacuer : un raccordement au réseau, ou un exutoire accepté par la commune. En assainissement non collectif, une eau chlorée envoyée dans la fosse en perturbe le fonctionnement biologique — question à poser avant l’achat du filtre, pas au premier lavage.
S’y ajoutent les arrêtés préfectoraux de restriction, absents des comparatifs d’il y a dix ans : un mode de filtration qui n’exige aucun rejet y devient un argument de fond.
Vingt-six semaines, et le nombre de fois où vous ouvrez la cuve
Frise de saison — vingt-six semaines
Ce que chaque filtre vous demandera cette saison
Charge de votre bassin
De la remise en route aux premières gelées. Faites glisser : les compteurs ne totalisent que ce qui est derrière vous.
← Glissez pour voir toute la saison →
Les cadences sont indicatives et reprennent les fourchettes de l'article : un contre-lavage toutes les deux à quatre semaines selon la charge, un rinçage de cartouche tous les quinze jours environ. Le volume retenu par contre-lavage, 400 litres, est le milieu de la fourchette de 300 à 500 litres. Votre manomètre reste l'arbitre : il déclenche le contre-lavage avant le calendrier.
Faites glisser le curseur jusqu’à la fin de la saison : la frise montre ce que le tableau comparatif ne montre jamais, c’est-à-dire le nombre de fois. La cartouche demande plus d’interventions que le sable, mais chacune est plus courte et n’envoie rien à l’égout. Le contre-lavage revient moins souvent, dure cinq minutes, et se paie en litres. Ce n’est pas le même arbitrage selon qu’on habite sur place toute la saison ou qu’on vient un week-end sur deux.
Idéal pour : Rincer entre les plis, là où se logent réellement les particules
Peigne de nettoyage pour cartouche
- Écarte les plis pour que le jet atteigne le fond de l'accordéon
- Raccourcit nettement le rinçage, donc le rend plus probable un soir de juillet
- Prolonge la durée de vie utile de la cartouche, qui est le vrai coût de cette famille
Le défaut : C'est un accessoire de confort, pas un remède : sur une cartouche déjà grasse, seul un bain prolongé dans un détartrant-dégraissant récupérera quelque chose. Et il ne change rien au fait qu'il faut ouvrir la cuve tous les quinze jours.
Budget indicatif
Une dizaine à une vingtaine d'euros, à titre indicatif
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Les décisions qui découlent du débit : quel filtre, quelle pompe, quel média
L’ordre compte, parce qu’une décision prise à contretemps se paie deux fois.
D’abord le débit, calculé comme plus haut. C’est le seul nombre qui ne dépend d’aucun choix de matériel.
Ensuite la famille, en appliquant les trois paliers. À ce stade, la question de la finesse n’est toujours pas posée, et c’est volontaire.
Puis la cuve, en prenant la taille du dessus s’il y a une hésitation. Sur une cuve à média, un diamètre plus généreux ralentit la traversée, retient mieux et espace les contre-lavages : les trois effets vont dans le même sens.
La pompe ensuite, et jamais l’inverse. Elle doit fournir le débit calculé une fois les pertes de charge déduites, et elle ne doit pas excéder le débit maximal admissible du filtre — une pompe trop puissante sur une cuve trop petite crée exactement le défaut qu’on cherchait à éviter.
Le média en dernier, et c’est le seul endroit où l’on peut changer d’avis plus tard sans rien démonter. Passer du sable siliceux au verre filtrant se fait à l’occasion d’un renouvellement, dans la même cuve, avec la même vanne. C’est la raison pour laquelle cette décision arrive à la fin : elle n’engage rien.
Si le remplacement du média est justement ce qui vous amène ici, la manœuvre complète — vidange, extraction, rinçage, remise en eau — est décrite dans l’article consacré au fait de changer le sable d’un filtre à sable. Il traite l’opération d’entretien ; la page que vous lisez traite le choix de l’équipement, et les deux se lisent dans cet ordre quand la cuve est à bout.
Idéal pour : Retrouver le seul instrument qui dit quand contre-laver
Manomètre de remplacement pour filtre
- Le contre-lavage se déclenche sur la pression, pas sur le calendrier
- Un lavage évité, ce sont 300 à 500 litres qui restent dans le circuit
- Se remplace sans vidanger la cuve, filtration à l'arrêt et vanne fermée
Le défaut : Il se bloque en silence, et un manomètre mort est pire qu'absent : il affiche une valeur crédible qui ne bouge plus. Vérifiez qu'il retombe bien à zéro à l'arrêt de la pompe, sinon il ne sert plus à rien.
Budget indicatif
Une quinzaine à une trentaine d'euros selon le raccord — indicatif
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Ce qui vous attend à la cinquième saison
Le moment où les deux familles se séparent pour de bon n’est ni à l’achat ni au premier été. Il arrive vers la cinquième saison, et il ne ressemble pas à ce que le comparatif laissait prévoir.
Côté cuve à média, la cinquième saison est celle du renouvellement. Le sable siliceux s’agglomère, les chemins préférentiels s’installent, et l’eau se voile sans que le manomètre s’affole — il peut même redescendre. C’est une manœuvre lourde, une seule fois tous les cinq à sept ans, et c’est aussi la meilleure occasion de passer au verre filtrant : même cuve, même vanne, deux à trois fois le prix du sable au kilo, une durée de vie sensiblement plus longue. Les crépines se vérifient à ce moment-là, puisque la cuve est ouverte. Les signes qui annoncent ce moment dans le local sont réunis en photo sur la page consacrée au filtre à sable.
Côté cartouche, la cinquième saison n’a rien de particulier : elle ressemble à la deuxième et à la troisième, avec le même rinçage tous les quinze jours et le même remplacement de pièce toutes les une à deux saisons. C’est une charge régulière et prévisible, sans mauvaise surprise et sans gros poste. Additionnée sur dix ans, elle finit pourtant au-dessus de la cuve à média, et c’est l’ironie durable de ce choix : la solution sans contre-lavage coûte plus cher que celle qui perd de l’eau.
Reste la question que ni l’une ni l’autre ne règle, et qui décidera de l’état de votre eau bien plus sûrement que la famille de filtre : la durée pendant laquelle la pompe tourne réellement chaque jour. Une cuve parfaitement dimensionnée qui filtre quatre heures en plein mois d’août ne fera pas mieux qu’une cartouche honnête qui en filtre dix. La filtration est un temps de passage avant d’être un média, et c’est l’unique paramètre de cette page qui ne coûte rien à corriger.
Si la réflexion s’inscrit dans un chantier plus large — local technique repris, tuyauterie changée, margelles ou liner en fin de vie —, l’ordre dans lequel les postes se décident est traité dans le guide de la rénovation de piscine : refaire la filtration après avoir refermé le bassin est l’erreur de séquence la plus coûteuse du portefeuille de devis.
Pour situer les repères de qualité d’eau cités ici, les textes de référence en français restent l’arrêté du 26 mai 2021 relatif aux limites et références de qualité des eaux de piscine, qui ne s’applique qu’aux bassins à usage collectif, et l’évaluation des risques sanitaires liés aux piscines publiée par l’Anses, qui décrit le rôle de la filtration dans l’élimination des matières en suspension.
Questions fréquentes
- Filtre à cartouche ou à sable : lequel choisir pour un bassin familial ?
- Commencez par le débit, pas par la finesse. Divisez le volume de votre bassin par la durée de recyclage que vous visez — quatre heures est la convention des notices d'installation. En dessous d'une trentaine de mètres cubes, donc sous 8 m³/h environ, la cartouche tient sans discussion et n'envoie pas un litre à l'égout. Au-delà de soixante-dix mètres cubes, la surface de média nécessaire ne tient plus dans une cartouche unique et la cuve de média redevient le choix praticable. Entre les deux, les deux familles passent le volume, et le choix se déplace sur la corvée que vous acceptez et sur l'eau que vous acceptez de perdre.
- Un filtre à cartouche filtre-t-il vraiment plus fin qu'un filtre à sable ?
- Oui, sur le papier, et l'écart est réel : les fourchettes couramment annoncées vont de 30 à 40 µm pour un sable siliceux contre 10 à 20 µm pour un média plissé. Mais cette finesse n'est atteinte que sur un média propre et correctement rincé. Une cartouche dont les plis restent chargés perd sa rétention bien avant d'avoir l'air sale, et un lit de sable aggloméré laisse un chemin préférentiel par lequel l'eau traverse sans être filtrée. Autrement dit, la finesse annoncée décrit le premier jour, et l'entretien décide de tous les autres. Un sable bien entretenu bat une cartouche négligée.
- Combien d'eau part à l'égout à chaque contre-lavage ?
- De l'ordre de 300 à 500 litres pour un filtre de bassin familial, selon le diamètre de la cuve et la durée du cycle. À raison d'un contre-lavage toutes les deux à quatre semaines sur une saison de vingt-six semaines, cela représente plusieurs milliers de litres sur l'année. C'est le poste que le débat oublie le plus souvent, et il pèse de deux façons : sur la facture d'eau, et sur la possibilité même de le faire dans une commune placée sous arrêté de restriction. Un filtre à cartouche ne consomme rien de tout cela, puisqu'il n'a pas de contre-lavage.
- Peut-on utiliser du floculant sur un filtre à cartouche ?
- Non, et c'est une différence structurante entre les deux familles. Le floculant agglomère les particules fines en flocs assez lourds pour être retenus par un lit de sable ou pour retomber au fond du bassin. Sur un média plissé, ces flocs colmatent les plis de façon irrécupérable : la cartouche est à remplacer. Sur cartouche, le produit équivalent est le clarifiant, qui rassemble les particules à une échelle plus modeste sans former de flocs lourds. Cette contrainte compte dans le choix, parce qu'elle retire un outil de rattrapage à celui qui filtre le plus fin.
- Le verre filtrant change-t-il quelque chose au débat ?
- Il le déplace nettement. Le verre filtrant se substitue au sable dans la même cuve, sans modifier ni la vanne ni la tuyauterie. À volume égal, il retient plus fin que le sable siliceux, il s'agglomère moins, donc il se colmate moins vite et espace les contre-lavages. Une partie de l'avantage de finesse que la cartouche revendique s'efface ainsi, sans rien céder sur la capacité d'encaissement ni sur le droit d'utiliser un floculant. Son prix au kilo est deux à trois fois celui du sable, et l'écart ne se rattrape que sur la durée du média.
- Quelle taille de filtre faut-il pour ne pas se tromper ?
- Un filtre se choisit sur le débit qu'il doit accepter, pas sur le volume du bassin directement. Le débit à faire passer est le volume divisé par la durée de recyclage visée, et le filtre doit être capable de l'absorber sans être traversé trop vite : un filtre sous-dimensionné laisse filer les particules fines quel que soit le média qu'on y met. Dans le doute, choisir la cuve du dessus coûte peu à l'achat, allonge les intervalles entre contre-lavages et ne présente aucun inconvénient de fonctionnement. C'est l'inverse qui ne se rattrape pas.
- Faut-il déclarer quelque part l'eau du contre-lavage ?
- Il n'existe pas de règle nationale unique pour un bassin privé familial, mais l'évacuation dépend de votre commune et du réseau auquel vous êtes raccordé. Renseignez-vous auprès du service assainissement avant d'envoyer quoi que ce soit au réseau, en particulier si vous êtes en assainissement non collectif : une eau chlorée envoyée dans une fosse perturbe son fonctionnement biologique. En période de restriction, la vidange et le contre-lavage peuvent être encadrés par arrêté préfectoral. C'est une question à poser avant d'acheter un filtre, pas après.
Qui a écrit cet article
Baptiste S.
Fondateur et rédacteur · bs-media
Je tiens ce site parce que j'en ai eu besoin. Propriétaire d'un bassin enterré, j'ai passé trois étés à comprendre pourquoi mon eau virait, pourquoi ma pompe désamorçait et pourquoi deux devis pour le même liner pouvaient varier du simple au double. Je publie ici ce que j'ai vérifié moi-même : les mesures, les notices, les factures. Je ne suis pas pisciniste, et je le dis chaque fois que le sujet dépasse ce qu'un particulier peut faire seul.
- Je teste avant d'écrire, ou je dis que je n'ai pas testé.
- Je nomme ce qui ne marche pas, y compris quand ça se vend bien.
- Aucun prix n'est présenté comme définitif : les tarifs bougent, les fourchettes sont indicatives.
- Le seuil professionnel est toujours écrit : électricité, étanchéité, structure, on appelle quelqu'un.
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